La petite histoire

Dans un lointain passé, saint Montan, apôtre du pays, aurait édifié, sur la colline Saint-Hilaire, un premier sanctuaire. Entourée de son antique cimetière, perchée au sommet de sa colline, l’église Saint-Hilaire est l’église-mère paroissiale de Marville.

Église Saint-Hilaire

Plan coupe

Romane dans sa structure, l’église remonte au XIIe siècle mais fut remaniée à l’époque gothique.
On y accède par le portail occidental ou le portail sud, l’un repris, l’autre ouvert au XIVe siècle

.autel eglise cimetiere marville

La nef unique est couverte d’un toit à longs pans à charpente apparente, éclairée par trois petites fenêtres romanes au nord, et une seule au sud, par suite des transformations de l’époque gothique.
Le chœur, plus étroit que la nef est voûté d’ogives. Dans la première moitié du XIVe siècle, la nef fut agrandie, au sud, de la chapelle du Saint-Sépulcre fondée par le prêtre Hues, curé de Marville, mort en 1345, qui s’y est fait inhumer. Après la construction de l’église Saint-Nicolas, au coeur de la ville, le berceau du christianisme marvillois ne fut pas délaissé.

Les autels latéraux du début du XVe siècle sont logés sous des niches en tiers-point creusées dans le mur de la nef. Celui du nord est précédé d’un ciborium, construction devenue très rare, dont on voit un autre exemple dans l’église proche de Villers-le-Rond (54). Il supporte une belle Vierge à la rose datant du milieu du XIVe siècle. L’autel latéral sud a été consacré au Saint-Esprit le 29 septembre 1408 par Bertrand d’Arrancy et Hawix, sa femme comme l’attestent deux lignes de belle écriture courant sur les trois côtés visibles de la table. Cet autel supporte la statue en bois polychrome, du XVIIIe siècle, de saint Hilaire de Poitiers, patron de l’église
Le maître-autel est constitué d’une table en pierre surmontée d’un retable dans la tradition du XVIIe siècle finissant, colonnes corinthiennes encadrant un tableau aujourd’hui disparu, ailerons et frise d’entablement au décor chargé.

La chapelle du Saint-Sépulcre fait saillie au sud, voûtée d’ogives et éclairée par une fenêtre en tiers-point. Au centre s’élève le tombeau de son fondateur, le curé Hues, décédé en 1345. Le gisant repose sur une dalle épaisse fermant un sarcophage orné d’une suite d’arcades. Il a les traits d’un homme jeune, empreints de sérénité, conformément à l’idéalisme des XIIIe et XIVe siècles. L’épitaphe en onciales court sur le pourtour biseauté de la dalle.


De nombreux signes lapidaires, des croix boulées, des inscriptions gravées témoignent de la ferveur et de l’intérêt qui ont entouré ce tombeau.

eglise marville saint hilaire

À droite de l’entrée de la chapelle du Saint-Sépulcre, est dressée la dalle funéraire d’Isabelle de Musset († 1506), beau monument à l’effigie de la défunte encadrée par les représentations de saint Jérôme, saint Christophe, saint Gilles et saint Michel, images de dévotions familiales, et sommé des écussons armoriés de sa famille et de celle de son époux.
Dans le sol, dalle funéraire gravée de Marguerite de Dandelin († 1569) et de sa fille Jeanne de Hezecques († 1575). La pierre tombale due au ciseau du tailleur de pierre Gabriel Piere, représente les deux dames richement vêtues de robes de l’époque de la Renaissance.
En face de l’entrée sud, dans un enfeu, une représentation classique de Marie-Madeleine à la Sainte-Beaume, cette peinture a été restaurée en 2020.

À savoir

Le maire et le curé de l’époque ont rassemblé dès 1876 dans la nef et sur son pourtour environ soixante stèles, bénitiers, croix et croix-bénitiers provenant du cimetière et datant pour la plupart des XVIe et XVIIe siècles.

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